Lait de jument

Le lait de jument est le lait produit par la jument pour alimenter son poulain, pour lui permettre de grandir et de se développer.



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Produit d'élevage équin - Lait

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Traite manuelle d'une jument au Kirghizistan.

Le lait de jument est le lait produit par la jument pour alimenter son poulain, pour lui permettre de grandir et de se développer. Il contient énormément de lactose, peu de lipides et une bonne quantité de vitamine C.

Il est utilisé dans l'alimentation humaine depuis des millénaires chez les Mongols et les asiatiques du centre, surtout à travers la boisson kumiz et le kéfir. Quoique sa consommation dans les pays occidentaux soit particulièrement faible ou alors marginale face à celle du lait de vache, il fait aujourd'hui l'objet d'un engouement à cause de ses qualités gustatives et de sa composition proche du lait maternel humain, ce qui le rend adapté comme substitut pour l'alimentation des nourrissons.

Le lait de jument se voit prêter des vertus thérapeutiques qui sont mises en avant par des naturopathes[1] et dans des publications liées à l'agriculture biologique[2], sans qu'une étude scientifique ne vienne toujours confirmer ces hypothèses.

Composition

Le lait de jument contient du calcium, du magnésium, du phosphore, des oligo-éléments et des vitamines (A, B, C... ) mais aussi plus de 40 nutriments dont des acides gras insaturés[3]. Comparé aux autres laits de consommation, le lait de jument est caractérisé, généralement, par son fort taux de lactose et de vitamine C, contre un taux faible en matière sèche, matière grasse, matière azotée et minéraux[4].

Les études sur la composition de ce lait ont été surtout effectuées sur des juments de trait en 1986[5].

Composition des laits d'ânesse, de jument, d'humain et de vache (g/100 g) [3]
ânesse jument humain vache
pH 7, 0 – 7, 2 7, 18 7, 0 – 7, 5 6, 6 – 6, 8
protéine 1, 5 – 1, 8 1, 5 – 2, 8 0, 9 – 1, 7 3, 1 – 3, 8
lipide 0, 3 – 1, 8 0, 5 – 2, 0 3, 5 – 4, 0 3, 5 – 3, 9
lactose 5, 8 – 7, 4 5, 8 – 7, 0 6, 3 – 7, 0 4, 4 – 4, 9
résidu 0, 3 – 0, 5 0, 3 – 0, 5 0, 2 – 0, 3 0, 7 – 0, 8

Croissance du poulain et période de lactation

Mamelles de la jument

Le lait de jument est initialement destiné au poulain qui le consomme durant les premiers mois de leur vie jusqu'au sevrage, ce qui lui sert à grandir et de se développer. Le gain de poids du poulain dépend de la quantité d'énergie et d'azote sécrétées dans le lait. La jument produit du lait durant 5 à 7 mois, de l'apparition du poulain (généralement au printemps) jusqu'au sevrage (généralement à l'automne). Elle en donne le plus du premier au troisième mois qui suit l'apparition du poulain, et sa production diminue ensuite progressivement. Globalement, les jument de trait pesant de 700 à 800 kg produisent plus de lait que les juments de selle, pesant de 500 à 600 kg[6], [7].

Production et conditionnement

Groupe de juments laitières aux Pays-Bas.
Traite mécanique d'une jument avec une machine à traire aux Pays-Bas.

La jument donne peu de lait en une seule fois[8] à cause de la faible capacité de ses mamelles, mais elle en produit globalement une quantité importante, évaluée à 15 kg par jour pour une jument entre 500 et 600 kilos, pour une moyenne générale variant de 10 à 30 kg journaliers, autrement dit 2 kg à 3, 5 kg de lait par tranche de 100 kg de poids vif[7]. Sur toute la période de lactation, celà donne 1500 à 3000 litres[9], cette production ne variant pas entre la première lactation et la seconde, au contraire de ce qui se passe chez les bovins[10]. Les années les plus productives semblent se situer entre 11 et 15 ans, mais des variations existent suivant les races et même au sein d'une même race, de l'ordre de 15% environ[11]. La production de lait dépend aussi de l'alimentation des juments, moins celle-ci est nourrie, et moins elle produit de lait[12].

La traite doit être effectuée plusieurs fois de manière régulière au fil de la journée[6].

Dans les régions où la consommation humaine est respectant les traditions et abondante, comme en Mongolie et dans l'ex union soviétique, des races chevalines laitières ont été choisies[6]. Le lait est récolté de manière respectant les traditions au Asie centrale et en Mongolie, en ayant recourt à la traite manuelle de l'animal. Cependant, l'utilisation de la machine à traire existe aussi, des modèles spécifiques à la jument ayant été développés[6].

La production de lait de jument pour la consommation humaine pose quelques problèmes éthiques, surtout en ce qui concerne l'apparition des poulains, indispensable à la montée de lait chez la jument : ceux qui ne trouvent pas d'acheteur risquent d'être revendus à l'abattoir[13].

Alimentation humaine

Le lait de jument aurait un goût proche de celui du lait de coco, ou plus simplement d'un lait de vache conventionnel coupé d'eau. Selon les saisons, les qualités nutritionnelles et le goût du lait fluctuent. Ces changements sont dus à l'alimentation des juments qui changent aussi suivant les saisons. Durant l'été, leur aliment principal est le fourrage et ce dernier donne un lait plus riche en matières grasses et en acides gras polyinsaturés comparé à leur alimentation hivernale, à base de concentrés. [réf.  nécessaire]

En France, le lait de jument est resté associé seulement à l'alimentation du poulain jusqu'au début des années 1990, où de nouvelles études ont vu le jour pour connaître ses envisageables utilisations en cosmétologie et dans l'alimentation humaine[6].

Apports et vertus

Le lait de jument est , avec le lait d'ânesse, le lait le plus proche du lait maternel humain, avec surtout des taux de lipides bas et de lactose élevés[3] : il contient deux fois moins de lipides que le lait de vache[14]. Cette particularité s'explique beaucoup par le fait que la jument n'est pas un ruminant : les lipides alimentaires sont absorbés dans l'intestin grêle de manière non-modifiée[15]. Par conséquent, l'apport calorique d'un litre de lait de jument est inférieur à 600 Kcal, contre 1100 pour le lait de brebis, par exemple[16]. Il est aussi, avec le lait de chamelle, l'un des plus riches en vitamine C[5].

À cause de cette similitude avec le lait maternel humain, le lait de jument est recommandé par les pédiatres en remplacement en cas d'impossibilité d'allaitement maternel[17]. Les professionnels de la santé recommandent le lait de jument pour tous, des nourrissons aux personnes âgées[2] et le naturopathe Daniel Gramme met en avant cette richesse et la présence de la lysozyme aux vertus antimicrobiennes pour affirmer l'utilité du lait de jument issu de l'agriculture biologique dans la prévention des maladies, associé à une bonne hygiène de vie[1].

Il contient 1, 5 fois plus de magnésium que le lait de la femme et 3 fois plus que le lait de vache, ce qui facilite une bonne digestion, garanti un bon équilibre nerveux et renforce l'immunité. Ce lait aurait été utilisé par les Huns d'Attila et les Mongols de Gengis Khan pour ses vertus énergétiques lors de leurs longues et éprouvantes conquêtes. Le lait de jument est aussi connu en ex-Union Soviétique pour soigner la tuberculose mais également les maladies cardiaques et digestives. [réf.  nécessaire]

Allergies et carences

Le lait de jument contient de la caséine, l'une des protéines les plus allergisantes du lait, ceci peut par conséquent provoquer aux personnes allergiques à la caséine du lait de vache des allergies à celle du lait de jument. Cependant, cette proportion est plus faible que dans le lait de vache, entre 47% et 68% de l'azote du lait y prend la forme de caséines contre 80% chez la vache, ce qui donne 13 grammes de caséines par litre chez la jument, et 25 grammes pour la vache[18]. L'apport en minéraux est plus faible dans le lait de jument que dans celui de chèvre, de vache ou de brebis, malgré une bonne teneur en calcium[15], tout comme l'apport en protéines[16].

Transformations

Bouteille et verre de kumiz.

Ce lait est utilisé de longue date en Asie centrale et dans le Caucase, surtout en Mongolie où il est à la base de la boisson kumiz (lait de jument fermenté) et du kéfir, deux boissons gazeuses consommées habituellement par les populations nomades[17].

Articles détaillés : kumiz et kéfir.

Le lait de jument ne caille pas et ne peut par conséquent entrer ni dans la composition du fromage ni dans la celle du beurre et du yaourt[19].

Utilisation cosmétique et thérapeutique

Dès 1823, les médecins allemands notent que le lait de jument pourait posséder des vertus thérapeutiques, surtout contre le ver solitaire[20].

Ces dernières années, le lait de jument est utilisé en cosmétique, surtout pour traiter le psoriasis et l'eczéma, que ce soit par ingestion de gélules ou en application externe. Les publications liées à l'enthousiasme pour l'alimentation biologique mettent en avant ses nombreuses vertus régénérantes et revitalisantes, et le fait que sa production découle fréquemment de l'agriculture biologique[2], sans qu'une étude scientifique ne vienne pour tout autant confirmer les hypothèses sur ces vertus. Sont évoqués le fait qu'il empêcheraot le vieillissement, traiterait des maladies de foie, d'estomac, du cœur, et les problèmes de peau[13].

Notes

Références

  1. Gramme 2008
  2. Guillain et Trubert 2007
  3. (en) Guo et all. Composition, Physiochemical Properties, Nitrogen Fraction Distribution, and Amino Acid Profile of Donkey Milk. J. Dairy Sci. 90 :1635-1643. doi :10.3168/jds. 2006-600. medline, Texte complet
  4. Hugon 1996
  5. FAO 1995, p.  84
  6. Doreau 1991, p.  297
  7. Doreau 1991, p.  298
  8. FAO 1995, p.  169
  9. Langlois 1986
  10. Doreau, Boulot et Martin-Rosset 1991
  11. Doreau et al. 1990
  12. Henneke, Potter et Kreider 1981
  13. Pili, «Lait de jument» sur http ://www. protection-des-animaux. org/
  14. FAO 1995, p.  80
  15. FAO 1995, p.  81
  16. FAO 1995, p.  76
  17. FAO 1995, p.  75
  18. FAO 1995, p.  79
  19. Roland Hatzenberger, «Le lait de jument revient au galop» sur Médecines douces. Consulté le 22 juillet 2009
  20. Louis Sébastien Lenormand, Jean-Gabriel-Victor Moléon, Annales de l'industrie nationale et étrangère : ou, Mercure technologique, Bachelier, 1823, p. 323

Annexes

Liens externes

Bibliographie

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 24/11/2010.
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